# Santa Clara : quels lieux symboliques visiter absolument ?

Santa Clara occupe une place unique dans l’histoire de Cuba. Cette ville universitaire dynamique, située au cœur de l’île à environ 270 kilomètres de La Havane, est devenue le symbole vivant de la Révolution cubaine. En décembre 1958, les événements qui s’y sont déroulés ont changé le cours de l’histoire nationale et ont propulsé cette cité provinciale sur la scène internationale. Aujourd’hui, Santa Clara attire des milliers de visiteurs venus du monde entier pour découvrir les sites emblématiques de cette période charnière. Au-delà de son patrimoine révolutionnaire, la ville dévoile une architecture républicaine élégante, une vie culturelle effervescente portée par ses étudiants, et une authenticité qui contraste avec les destinations touristiques plus conventionnelles de Cuba. Comprendre Santa Clara, c’est saisir l’essence même de l’identité cubaine contemporaine, forgée entre tradition coloniale et idéaux révolutionnaires.

Parc vidal : architecture néoclassique et patrimoine urbain au cœur de santa clara

Le Parc Vidal représente le véritable poumon de Santa Clara et constitue le point de départ idéal pour toute exploration urbaine. Cette place centrale historique porte le nom de Leoncio Vidal y Caro, colonel tombé lors de la guerre d’indépendance cubaine en 1896. L’espace public s’étend sur près de 10 000 mètres carrés et présente une configuration typique des places coloniales espagnoles, avec ses allées ombragées, ses bancs ornementaux et sa végétation tropicale soigneusement entretenue. Durant l’époque coloniale, une ségrégation stricte divisait l’espace : les Blancs circulaient dans l’allée intérieure tandis que les personnes de couleur devaient se contenter de l’allée extérieure. Cette division physique témoigne des tensions raciales qui ont marqué l’histoire cubaine jusqu’à la Révolution.

L’agencement actuel du parc date principalement du début du XXe siècle, période durant laquelle Santa Clara connut une prospérité économique notable grâce à l’industrie sucrière. Les édifices qui bordent le Parc Vidal illustrent parfaitement l’architecture républicaine cubaine, mélange harmonieux d’influences néoclassiques européennes et d’adaptations tropicales. Vous remarquerez immédiatement les colonnes majestueuses, les balcons en fer forgé et les façades aux couleurs pastels qui caractérisent ce style architectural. Le parc constitue également le centre névralgique de la vie sociale à Santa Clara : en fin d’après-midi et en soirée, les habitants se rassemblent pour discuter, écouter de la musique ou simplement profiter de la fraîcheur relative sous les arbres centenaires.

Théâtre la caridad et son style colonial éclectique du XIXe siècle

Le Teatro La Caridad domine majestueusement le côté est du Parc Vidal. Inauguré en 1885, ce théâtre porte bien son nom puisque sa construction avait pour objectif de générer des revenus destinés aux œuvres caritatives de la ville. La philanthrope Marta Abreu de Estévez finança personnellement cet édifice monumental qui représentait à l’époque un investissement considérable de 350 000 pesos. L’architecture du théâtre combine harmonieusement des éléments néoclassiques et éclectiques, avec une façade ornée de colonnes corinthiennes et de frises décoratives. La salle principale peut accueillir jusqu’à 650 spectateurs répartis sur trois niveaux, et son acoustique exceptionnelle continue d’impressionner les artistes contemporains.

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érieur du théâtre La Caridad vaut absolument le détour lors de votre visite de Santa Clara. En franchissant ses portes en bois massif, vous découvrez un vestibule orné de fresques allégoriques et de plafonds peints, rappelant les grands opéras européens du XIXe siècle. Les loges en bois sculpté, les balustrades finement travaillées et le rideau de scène d’origine, représentant des scènes mythologiques, plongent le visiteur dans une autre époque. Aujourd’hui encore, le théâtre accueille des représentations de danse, de théâtre et de musique classique, mais aussi des concerts plus contemporains, témoignant de la vitalité culturelle de cette ville du centre de Cuba.

Pour profiter pleinement de ce lieu symbolique de Santa Clara, pensez à vous renseigner à l’avance sur la programmation culturelle. Assister à un spectacle au Teatro La Caridad, entouré de familles locales et d’étudiants, permet de ressentir le cœur battant de la ville. Même en dehors des horaires de représentation, il est souvent possible de visiter la salle principale moyennant une petite contribution, utilisée pour l’entretien de l’édifice. Si vous aimez la photographie, venez en fin d’après-midi : la lumière dorée met particulièrement en valeur la façade coloniale éclectique et ses détails architecturaux.

Monument à marta abreu : hommage à la philanthrope cubaine

Au centre du Parc Vidal se dresse le monument dédié à Marta Abreu de Estévez, figure incontournable de l’histoire de Santa Clara. Cette riche propriétaire terrienne du XIXe siècle a consacré une grande partie de sa fortune à améliorer les conditions de vie des habitants : construction d’écoles, d’hôpitaux, d’œuvres sociales et bien sûr du théâtre La Caridad. La statue en marbre la représente debout, dans une attitude digne et bienveillante, entourée de bas-reliefs illustrant ses actions philanthropiques. Pour comprendre Santa Clara, il est indispensable de saisir le rôle déterminant joué par cette femme dans la modernisation de la ville.

Le monument à Marta Abreu ne se contente pas d’être une œuvre d’art : c’est un véritable repère identitaire pour les Santa-Clareños. Vous verrez souvent des adolescents s’y retrouver, des familles s’asseoir à ses pieds ou des musiciens de rue y jouer quelques morceaux. Prenez le temps de tourner autour du socle pour observer les inscriptions et les scènes sculptées, elles racontent en détail les contributions majeures de cette bienfaitrice à la “ville libérale”. À bien des égards, Marta Abreu incarne le lien entre le passé colonial et l’élan progressiste qui a préparé le terrain à la Révolution cubaine.

Fontaine des lions et aménagement paysager historique

Autre élément emblématique du Parc Vidal : la Fontaine des Lions, qui ajoute une touche de romantisme à cet ensemble urbain. Inspirée des modèles classiques européens, cette fontaine circulaire est entourée de quatre lions en pierre, symboles de force et de protection. Autour d’elle, l’aménagement paysager a été pensé pour offrir des zones ombragées, des massifs de fleurs tropicales et des allées propices à la promenade. L’effet est un peu comparable à celui d’un salon en plein air : les habitants s’y croisent, échangent et observent la vie qui se déroule autour d’eux.

La Fontaine des Lions illustre parfaitement la manière dont Santa Clara a intégré des codes esthétiques européens à un cadre tropical. En journée, la lumière joue sur l’eau et la pierre, créant des reflets qui raviront les amateurs de photo. En soirée, les éclairages discrets renforcent l’atmosphère intime de ce coin du parc. Si vous cherchez un endroit agréable pour faire une pause lors de votre visite des lieux symboliques de Santa Clara, asseyez-vous sur un banc à proximité de la fontaine et laissez-vous porter par le va-et-vient des passants, comme si vous étiez au cœur d’un film tourné en temps réel.

Bibliothèque provinciale josé martí et façade architecturale républicaine

Sur un des côtés du Parc Vidal se trouve la Bibliothèque provinciale José Martí, autre bâtiment remarquable par son architecture républicaine. Sa façade symétrique, ornée de pilastres et de larges fenêtres à persiennes, illustre le style sobre et élégant des édifices publics construits au début du XXe siècle à Cuba. Dédiée au héros national José Martí, intellectuel et figure majeure de l’indépendance, la bibliothèque rappelle le rôle central de la culture et de l’éducation dans la construction de l’identité cubaine. En entrant, vous découvrirez de hautes étagères en bois, des salles d’étude calmes et des collections consacrées à l’histoire de la région de Villa Clara.

Pour le voyageur curieux, la Bibliothèque José Martí est bien plus qu’une simple façade photogénique. Vous pouvez y feuilleter des ouvrages en espagnol sur la Révolution cubaine, consulter des archives locales ou discuter avec des bibliothécaires souvent ravis de partager leurs connaissances. C’est un peu comme ouvrir les coulisses intellectuelles de Santa Clara, loin des clichés touristiques. Si vous voyagez avec des enfants ou des adolescents, cette visite peut être l’occasion de parler de la place de l’éducation dans la société cubaine, et de comparer avec ce que vous connaissez dans votre propre pays.

Mausolée du che guevara : complexe mémoriel révolutionnaire de la plaza de la revolución

Situé au sud-ouest du centre-ville, le Mausolée du Che Guevara est incontestablement le lieu le plus symbolique de Santa Clara pour comprendre la Révolution cubaine. Érigé sur la Plaza de la Revolución en 1988, ce vaste complexe mémoriel commémore la figure d’Ernesto “Che” Guevara et les guérilleros tombés à ses côtés en Bolivie. L’ensemble architectural, sobre et monumental, combine une esplanade ouverte, une statue imposante, un musée et une crypte funéraire. Dès votre arrivée, vous ressentirez le caractère solennel du site : ici, le Che n’est pas une simple icône de tee-shirt, mais un héros national honoré avec un profond respect.

Le Mausolée est facilement accessible depuis le Parc Vidal en taxi ou à pied (comptez une trentaine de minutes de marche). L’entrée au site est généralement gratuite, mais il est interdit de prendre des photos à l’intérieur de la crypte et du musée, une règle à respecter scrupuleusement. Prévoyez au moins deux heures pour parcourir l’ensemble du complexe, lire les panneaux explicatifs et prendre le temps de réfléchir à ce que représentent ces lieux pour les Cubains. La visite du Mausolée du Che Guevara à Santa Clara constitue souvent un moment fort, voire bouleversant, d’un voyage à Cuba.

Statue monumentale d’ernesto che guevara par josé delarra

Dominant la Plaza de la Revolución, la statue monumentale du Che, réalisée par le sculpteur cubain José Delarra, mesure près de 7 mètres de haut et repose sur un socle massif. Elle représente Ernesto Guevara en tenue de guérillero, fusil en bandoulière, regard tourné vers l’horizon. L’artiste a cherché à exprimer à la fois la détermination révolutionnaire et l’humanité du personnage, loin des représentations figées des statues officielles traditionnelles. Sur le piédestal, on peut lire la célèbre devise “Hasta la victoria siempre”, reprise dans de nombreux discours et slogans à travers Cuba.

En observant la statue de près, vous remarquerez une foule de détails : les plis du vêtement, la texture des bottes, la tension des mains. C’est un peu comme lire un long texte historique, mais traduit en langage sculptural. L’esplanade qui s’étend à ses pieds accueille régulièrement des cérémonies officielles, des commémorations et parfois des rassemblements politiques. Montez les quelques marches qui mènent au bas du monument pour profiter d’une vue dégagée sur la place, les quartiers périphériques et, au loin, les collines qui entourent Santa Clara. C’est aussi un excellent point de repère pour prendre la mesure de l’importance symbolique de cette ville dans la mémoire révolutionnaire cubaine.

Crypte funéraire et sépultures des guérilleros de ñancahuazú

Sous le monument se trouve la crypte funéraire où reposent les restes du Che Guevara et de plusieurs de ses compagnons tombés en 1967 dans la région de Ñancahuazú, en Bolivie. Leurs dépouilles ont été rapatriées à Santa Clara en 1997, après avoir été retrouvées dans une fosse commune. L’espace intérieur est sombre, sobre et silencieux, éclairé uniquement par une lumière tamisée qui souligne les plaques commémoratives portant les noms des guérilleros. Ici, le temps semble suspendu, invitant à la réflexion sur le destin de ces hommes qui ont choisi de consacrer leur vie à l’idéal révolutionnaire.

La visite de la crypte se fait dans le plus grand respect : il est demandé de parler à voix basse, de retirer casquettes et lunettes de soleil, et de ne pas utiliser d’appareils photo. Même si vous n’adhérez pas aux convictions politiques du Che, difficile de ne pas être touché par la dimension humaine de ce lieu. Vous remarquerez que des fleurs fraîches sont régulièrement déposées, signe que la mémoire de ces combattants reste très vivante à Cuba. En sortant, vous aurez sans doute une vision plus nuancée et plus intime de la figure d’Ernesto Guevara, au-delà de son image médiatique.

Musée historique de la révolution : parcours chronologique et reliques

Attenant au Mausolée se trouve le Musée historique de la Révolution à Santa Clara, consacré à la vie et au parcours du Che Guevara. L’exposition suit un fil chronologique, depuis son enfance en Argentine jusqu’à son engagement en Bolivie, en passant par sa participation décisive à la bataille de Santa Clara. Vous y découvrirez des photographies d’époque, des lettres manuscrites, des uniformes, des objets personnels comme son béret, sa gourde, ses carnets de notes ou encore des armes utilisées pendant les combats. C’est un peu comme feuilleter un album de famille, mais à l’échelle de l’histoire mondiale.

Les panneaux explicatifs sont principalement en espagnol, mais même sans maîtriser la langue, la force des images et des objets suffit à transmettre le message. Pour les passionnés d’histoire, ce musée est une étape incontournable pour comprendre la stratégie militaire, mais aussi la pensée politique du Che. Pour les autres, il offre au moins un contexte précieux pour interpréter ce que vous aurez vu auparavant dans les rues de Santa Clara, du Train Blindé à la Plaza de la Revolución. Prévoyez une bonne heure pour une visite attentive et, si possible, venez tôt le matin pour éviter la foule des groupes organisés.

Flamme éternelle et mur commémoratif de la guerrilla bolivienne

À l’extérieur, non loin de la statue, vous remarquerez une flamme éternelle allumée par Fidel Castro en 1997, lors de l’inauguration de la crypte. Cette flamme symbolise la continuité de l’idéal révolutionnaire défendu par le Che et ses compagnons. À proximité, un mur commémoratif porte les noms des guérilleros de la troupe de Ñancahuazú, accompagnés parfois de brèves citations ou de dates clés. Ce dispositif rappelle un peu les monuments aux morts que l’on trouve en Europe, mais transposé dans le contexte latino-américain et marqué par la rhétorique de la lutte anti-impérialiste.

Le mur commémoratif permet aussi de replacer Santa Clara dans un réseau de luttes plus vaste, dépassant largement les frontières de Cuba. Il invite le visiteur à se demander : jusqu’où peut-on aller pour défendre un idéal politique ? Quelles traces ces combats laissent-ils dans la mémoire collective ? En vous promenant autour de la flamme éternelle, prenez le temps de lire quelques noms, de les prononcer mentalement : c’est une manière simple, mais puissante, d’honorer la mémoire de ceux qui ont marqué l’histoire de la ville, et plus largement celle du continent.

Train blindé : site historique de la bataille décisive de décembre 1958

Le site du Train Blindé (Tren Blindado) est l’autre lieu emblématique de Santa Clara directement lié à la chute du régime de Fulgencio Batista. C’est ici, le 29 décembre 1958, qu’un groupe de guérilleros dirigés par le Che fit dérailler un train blindé transportant des troupes et des armes destinées à réprimer l’avancée révolutionnaire. En moins de deux heures, cette action audacieuse permit aux rebelles de s’emparer d’un arsenal considérable et de prendre définitivement l’avantage dans la bataille de Santa Clara. Aujourd’hui, le site a été transformé en musée à ciel ouvert qui retrace minutieusement cet épisode décisif de la Révolution cubaine.

Le Train Blindé se situe à proximité du centre-ville, le long de l’ancienne voie ferrée. L’accès au site est généralement peu coûteux et il est possible d’y aller à pied depuis le Parc Vidal en une quinzaine de minutes. Pour comprendre pleinement ce que vous voyez, il peut être utile de relire quelques repères historiques avant la visite ou de venir avec un guide local. Le contraste est saisissant entre le calme actuel du lieu et l’intensité des combats qui s’y sont déroulés il y a plus de soixante ans. C’est un peu comme se tenir sur une scène de film historique, mais sans effets spéciaux.

Wagons ferroviaires authentiques et vestiges militaires batistiens

Le cœur du site est constitué de plusieurs wagons d’origine du train blindé, figés à l’endroit même où ils ont été immobilisés en 1958. Ces wagons métalliques, percés d’impacts de balles, permettent de visualiser très concrètement la violence de l’affrontement. À l’intérieur, des vitrines présentent des armes, des casques, des uniformes et divers équipements appartenant aux troupes de Batista. En pénétrant dans ces wagons étroits, vous pouvez presque ressentir la tension vécue par les soldats pris au piège lors de l’attaque.

Les aménagements muséographiques, bien que modestes, sont suffisamment explicites pour vous aider à reconstituer le déroulement de la bataille. Des panneaux détaillent la tactique employée par le Che et ses hommes : sabotage de la voie ferrée, utilisation d’un bulldozer pour faire dérailler le train, prise rapide des positions clés. Ce lieu symbolique de Santa Clara est particulièrement parlant pour les voyageurs qui souhaitent comprendre comment une force numériquement inférieure a pu vaincre une armée mieux équipée. N’hésitez pas à poser des questions au gardien ou au guide sur place : beaucoup ont grandi avec ces récits et les racontent avec une émotion palpable.

Sculptures monumentales des combattants révolutionnaires

Autour des wagons, plusieurs sculptures monumentales viennent compléter la dimension mémorielle du site du Train Blindé. Réalisées en acier et en béton, elles représentent des figures de guérilleros en pleine action, des mains agrippant des rails tordus, ou encore des symboles de résistance et de libération. Ces œuvres, au style parfois presque expressionniste, traduisent visuellement la tension dramatique de la bataille de Santa Clara. Elles dialoguent avec les wagons et le bulldozer exposé, créant une sorte de parcours scénographique à ciel ouvert.

Ces sculptures ne sont pas seulement décoratives : elles vous invitent à réfléchir à la manière dont une ville choisit de raconter son histoire à travers l’art public. En vous déplaçant d’une œuvre à l’autre, imaginez le vacarme des explosions, les cris, la fumée… puis revenez au silence d’aujourd’hui. Ce contraste, un peu comme la différence entre une partition musicale et son exécution en concert, vous aide à saisir la profondeur symbolique de ce lieu. Les enfants et adolescents réagiront souvent vivement à ces représentations dynamiques, ce qui peut servir de point de départ à une discussion sur la guerre, la paix et la liberté.

Musée in situ : armes, uniformes et documentation d’époque

Le site du Train Blindé comporte également un petit musée in situ, intégré dans l’un des wagons et dans des structures adjacentes. On y trouve une série de documents d’époque : télégrammes, ordres militaires, photographies, coupures de presse nationales et internationales relatant la bataille de Santa Clara. Des vitrines présentent aussi des armes capturées, des insignes de l’armée batistienne, ainsi que des objets personnels appartenant aux combattants révolutionnaires. Ce mélange d’archives écrites et de reliques matérielles donne une dimension très concrète à l’événement.

Pour tirer le meilleur parti de votre visite, prenez le temps de lire les légendes, même si elles sont en espagnol : le contexte se comprend souvent facilement, et vous pouvez toujours utiliser un traducteur hors ligne si besoin. Vous verrez à quel point cette victoire à Santa Clara a été perçue, dès 1958, comme le tournant décisif de la Révolution cubaine. Le musée du Train Blindé complète ainsi parfaitement la visite du Mausolée du Che et du centre-ville, en offrant un récit ancré dans le terrain, au sens littéral du terme. Ensemble, ces lieux symboliques composent une véritable carte vivante de la mémoire révolutionnaire de la ville.

Cathédrale de santa clara de asís : basilique néoclassique du centre historique

Non loin du Parc Vidal se dresse la Cathédrale de Santa Clara de Asís, autre repère majeur du centre historique. Construite à partir du XVIIIe siècle puis largement remaniée au XIXe, cette église adopte un style néoclassique sobre, avec une façade symétrique, un fronton triangulaire et un clocher qui domine les toits environnants. Dédiée à Sainte Claire d’Assise, elle rappelle les origines coloniales de la ville et le rôle central de l’Église catholique dans la vie quotidienne de la population cubaine avant la Révolution. Sa position stratégique en fait un point de repère facile pour s’orienter lors de votre découverte de Santa Clara.

L’intérieur de la cathédrale surprend par sa luminosité et sa relative simplicité, loin du baroque exubérant de certaines églises cubaines. De grandes nefs aux murs blancs, des autels latéraux ornés de statues de saints, et quelques vitraux colorés créent une atmosphère de recueillement propice à la méditation. Si vous aimez l’architecture religieuse, portez une attention particulière aux colonnes, aux voûtes et aux détails décoratifs du chœur. Vous pourrez parfois assister à une messe ou à une cérémonie, occasion unique d’observer les pratiques religieuses dans cette ville marquée à la fois par la tradition catholique et par l’héritage laïc de la période révolutionnaire.

Pour le voyageur, la visite de la Cathédrale de Santa Clara de Asís est aussi l’occasion d’appréhender un autre visage de la ville, complémentaire des lieux consacrés au Che et à la Révolution. En entrant, pensez à adopter une tenue correcte et à parler à voix basse, par respect pour les fidèles. Si vous montez sur la petite place qui la précède, vous bénéficierez d’une belle perspective sur la façade et sur les maisons environnantes, ce qui permet quelques photos évocatrices du cœur historique de Santa Clara. En fin de journée, la lumière rasante souligne particulièrement bien les volumes de la basilique néoclassique.

Boulevard pédestre independencia : artère commerciale et patrimoine architectural colonial

Le boulevard pedestre Independencia, souvent appelé simplement “Boulevard”, est l’artère commerçante principale de Santa Clara. Reliant le Parc Vidal à d’autres quartiers centraux, cette rue entièrement piétonne concentre boutiques, cafés, petites galeries et services du quotidien. En la parcourant, vous découvrez une succession de façades coloniales et républicaines, parfois restaurées, parfois marquées par le temps, qui donnent un aperçu très concret de la vie urbaine cubaine loin des circuits touristiques de La Havane ou de Trinidad. C’est ici que vous verrez vraiment Santa Clara vivre, entre étudiants pressés, familles en promenade et vendeurs ambulants.

Architecturalement, le boulevard Independencia offre une belle galerie de maisons à arcades, de balcons en fer forgé et de corniches décorées. Beaucoup de bâtiments datent de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, époque de prospérité liée à l’industrie sucrière. Certains commerces conservent encore leurs vitrines et enseignes d’origine, comme figées dans le temps. Se promener sur cette artère, c’est un peu comme feuilleter un livre d’histoire à ciel ouvert, où chaque façade raconte un chapitre différent. Vous pourrez aussi repérer des détails plus récents, comme des fresques murales ou des affiches révolutionnaires qui rappellent l’engagement politique de la ville.

Sur le plan pratique, le Boulevard Independencia est l’endroit idéal pour faire une pause café, goûter une glace locale ou acheter quelques souvenirs. Vous y trouverez des librairies, des magasins de musique, des boutiques de vêtements, mais aussi des kiosques vendant journaux et magazines cubains. C’est également un bon spot pour accéder au Wi-Fi public (via carte prépayée), si vous avez besoin de vous connecter pendant votre voyage. Vous aimez observer les gens ? Installez-vous à une terrasse, commandez un café cubain ou un jus de fruits frais, et laissez défiler sous vos yeux le théâtre quotidien de Santa Clara : une manière simple et agréable de ressentir l’âme de la ville.

Loma del capiro : mirador panoramique et site stratégique de la guérilla castriste

Pour prendre de la hauteur sur Santa Clara, direction la Loma del Capiro, une colline située à l’est du centre-ville. Ce promontoire naturel, culminant à environ 176 mètres d’altitude, a joué un rôle stratégique durant la bataille de Santa Clara en 1958. Les troupes révolutionnaires y avaient installé des positions d’observation et des batteries, profitant de la vue dégagée sur la ville et sur les principaux axes de communication. Aujourd’hui, la Loma del Capiro est un lieu de promenade apprécié des habitants et un excellent mirador pour apprécier le panorama sur Santa Clara et ses environs.

L’ascension de la colline se fait par un chemin relativement facile, mais prévoyez de l’eau, une casquette et de la crème solaire, surtout si vous visitez Santa Clara pendant les heures les plus chaudes. Une fois au sommet, vous découvrirez plusieurs éléments commémoratifs, dont une croix et des plaques rappelant le rôle du site dans la victoire révolutionnaire. La vue à 360° permet de repérer les principaux lieux symboliques de Santa Clara : le centre urbain, le Mausolée du Che, la voie ferrée du Train Blindé, et au loin les plaines qui s’étendent vers le centre de l’île. C’est un peu comme déplier une carte géante, mais en version réelle.

La Loma del Capiro est aussi un endroit privilégié pour apprécier les couleurs changeantes du ciel au lever ou au coucher du soleil. Si vous aimez la photographie, envisagez d’y monter en fin de journée : les toits de Santa Clara prennent alors une teinte dorée, tandis que la brise atténue la chaleur. Ce mirador panoramique permet de terminer en beauté votre découverte des lieux emblématiques de la ville, en réunissant dans un même regard son héritage révolutionnaire, son tissu urbain et son environnement naturel. En redescendant, vous comprendrez mieux pourquoi Santa Clara occupe une place si particulière dans l’imaginaire cubain : c’est ici, sur ces collines et dans ces rues, que s’est jouée une partie de l’histoire du XXe siècle.